Voeux aux professionnels du cinéma, de l'audiovisuel, du multimédia, des industries techniques et à la presse de Catherine Colonna, Directrice générale du CNC

Discours prononcé jeudi 13 janvier 2005 à la chapelle
des Petits-Augustins
de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je vous remercie d’être venus aussi nombreux dans cette magnifique chapelle de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts pour cette traditionnelle cérémonie, qui me permet ce soir, avec toute l’équipe de direction du Centre, de vous présenter nos vœux chaleureux de réussite et d’épanouissement personnel à l’occasion de cette nouvelle année.

Cette rencontre est une tradition pour la plupart d’entre vous, qui, souvent, connaissez le CNC depuis de longues années. Vous savez tous que c’est une première pour moi, puisque je n’ai pris mes fonctions qu’à l’automne dernier. Je veux donc vous dire que je suis heureuse d’être avec vous : je vous souhaite, je nous souhaite, une belle année ; et même quelques belles années… J’espère que nous ferons du bon travail ensemble.

Notre système français est unique, sans équivalent dans le monde. Son succès vient en grande partie de l’étroitesse des relations de travail entre les pouvoirs publics et les professionnels que vous êtes. C’est ce dispositif qui nous permet, tous ensemble, de donner corps aux ambitions françaises et de jouer chacun notre rôle pour la vitalité de la création, pour la diversité culturelle, pour l’affirmation de notre identité. C’est un combat que nous devons également mener à l’extérieur de nos frontières, à Bruxelles auprès de la Commission européenne, à Strasbourg auprès du Parlement européen, et partout ailleurs où se décide l’avenir des politiques publiques en matière culturelle. Je vous encourage à y être fortement présents.

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Pour ces vœux de début d’année, le respect de la tradition me conduit à regarder ce que fut 2004 pour tracer quelques perspectives pour 2005.

Le souci de la réflexion me conduira à rappeler deux exigences permanentes de notre action.

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Vous connaissez mieux que quiconque les principaux résultats de l’année passée. En termes de fréquentation, l’année a été exceptionnelle. Si l’on n’a pas atteint la barre mythique des 200 millions, on l’a frôlée et, surtout, la tendance à la baisse observée ces dernières années s’est radicalement inversée. Avec 20 millions d’entrées supplémentaires, le pessimisme n’est pas de mise. Cette embellie, de plus, a profité à toutes les catégories de salles.

2004 a été aussi une excellente année pour le cinéma français : plus de 38% de part de marché, près de 75 millions de spectateurs, la deuxième meilleure performance depuis 1985. Tirons-en la leçon que l’une des clés du succès est dans la diversité de l’offre, qui a permis de rencontrer la diversité des publics, de tous les publics. Retenons aussi que l’amélioration continue de la qualité des salles a été un bon investissement. Au total, ce succès montre l’efficacité du volontarisme de l’Etat conjugué à celui des professionnels. C’est la récompense des efforts de tous ceux qui contribuent à ce que le cinéma soit l’une des pratiques culturelles les plus répandues et les plus appréciées des Français. C’est aussi la récompense de la persévérance des pouvoirs publics à voir dans le soutien à toute la filière du cinéma un enjeu culturel et sociétal de première importance et à l’accompagner de bout en bout.

Le Centre publiera prochainement les chiffres de la production cinématographique de l’année écoulée. Elle se porte bien. Elle a bénéficié de deux mesures ambitieuses, destinées à la fois à améliorer le financement des films et la relocalisation des tournages sur notre territoire, au profit de nos artistes, de nos techniciens, de nos industries techniques : le crédit d’impôt cinéma et la nouvelle génération de fonds régionaux.

203 films ont été produits ou coproduits en 2004, dont 167 films d’initiative française. Il y a donc eu une très légère baisse – cependant n’avait-on pas, parfois, parlé de surchauffe à propos de l’année précédente ? – mais c’est le 3ème meilleur résultat enregistré depuis 20 ans et les investissements dans les films d’initiative française sont en hausse, à 892 millions d’euros. L’effet du crédit d’impôt est également mesurable à travers l’augmentation du nombre de semaines de tournages en France : 785 en 2003, 913 en 2004, soit 128 de plus. L’outil a donc été efficace.

Côté télévision, 2004 a été une année intéressante. Elle a vu le succès de fictions, de documentaires et de dessins animés dans les meilleures audiences de l'année, alors que les émissions dites de téléréalité sont en recul relatif : 8 millions de téléspectateurs pour " Homo sapiens ", c’est un formidable résultat, qui montre que le documentaire a conquis ses lettres de noblesse et sait désormais attirer le public.

Mais 2004 a aussi montré que le secteur de la télévision est en train de bouger à grande vitesse. Les décisions prises sur la TNT, le succès de l’ADSL, l’équipement des ménages en technologie numérique annoncent des bouleversements futurs. Côté programmes, de nouveaux espaces de création se dessinent, les écritures s’influencent, les frontières se déplacent, les genres se croisent. 2004 aura sans doute été une année de préfiguration.

Dans le secteur de la vidéo, le chiffre d’affaires a progressé en 2004 de 10 % environ, ce qui est un très bon chiffre. Et il est intéressant de voir que le succès du DVD favorise non seulement la diffusion du court et du long métrage, mais aussi la diffusion des programmes audiovisuels. Cela dit, un certain nombre de pratiques et de politiques tarifaires exagérément basses menacent la santé du secteur. Le rapport de M. Fries a permis d’identifier des pistes pour améliorer la transparence et rétablir une concurrence loyale. Le CNC accompagnera les efforts faits en ce sens par les professionnels et restera vigilant sur la diversité de l’offre.

2004 aura aussi été l’année de la mise en place des conventions régionales : 17 ont déjà été signées, qui ont permis de mobiliser plus de 21 millions d’euros pour le long métrage et près de 7 pour le développement du court métrage et du documentaire.

Enfin l’année passée à permis de donner de fortes impulsions pour développer une politique de lutte contre la piraterie – politique qui doit être globale – et pour créer les conditions d’un dialogue actif afin de jeter les bases de la VOD.

Voilà qui nous conduit à l’année 2005.

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J’ignore si le bilan du passé éclaire l’avenir autant qu’on le dit parfois. Mais dans la mesure où cela serait vrai, l’année 2005 devrait nous permettre de conforter certains résultats dans le domaine du cinéma et dans celui de l’audiovisuel notamment. Formons-en le vœu en tout cas. A l’effet qu’il se réalise, de nouveaux instruments ont été mis en place sous l’impulsion du Ministre.

Après le crédit d’impôt cinéma, dont nous avons vu l’efficacité, le crédit d’impôt audiovisuel est opérationnel. L’extension du mécanisme des fonds régionaux rénovés à l’audiovisuel permettra également un effet de levier. La réforme de la redevance, tant attendue, doit se traduire par un accroissement des ressources pour l’audiovisuel public. A cela il faut ajouter que la création d’un fonds d’aide à la création audiovisuelle a pour objectif de permettre le financement du temps nécessaire au développement de nouvelles écritures télévisuelles en apportant une aide aux auteurs, directement, et en accompagnant le risque pris par le producteur et, le cas échéant, le diffuseur.

Avec ces mesures nouvelles, les pouvoirs publics entendent apporter en 2005 des réponses aux besoins du secteur audiovisuel.

Reste que celui-ci est sous-dimensionné par rapport à ses homologues européens : les ressources pour le service public sont moins importantes, le marché publicitaire plus réduit, le volume produit plus faible – notamment en fiction – les télévisions locales moins développées, les chaînes thématiques encore à faible capacité d’investissement. Par ailleurs le constat est assez largement fait que la télévision française, privée comme publique, doit se renouveler dans son contenu. La progression d’audience des chaînes thématiques ou non généralistes, le succès des offres groupées sur ADSL, montre que le public recherche une inventivité qui ne lui est pas toujours offerte.

Ces évolutions déjà perceptibles doivent nous conduire à une vraie réflexion sur l’évolution à terme de l’audiovisuel et de son financement. Il y a un enjeu économique, culturel, et même citoyen – vu le temps passé par chaque français devant la télévision – qui mérite un effort de longue durée.

Le CNC a beaucoup d’autres actions et réflexions à mener avec vous en 2005.

J’ai déjà mentionné la vidéo, domaine dans lequel il faut poursuivre la mise en œuvre des recommandations du rapport Fries et où il y a encore beaucoup à faire.

Je veux mentionner aussi en tête de liste le grand chantier de lutte contre la piraterie audiovisuelle. L’enjeu est majeur puisqu’il s’agit ni plus ni moins que d’assurer le développement harmonieux de la technologie Internet, qui représente aussi un nouveau moyen de diffusion des œuvres, et de ne pas cannibaliser l’existant, de faire croître l’offre globale, de ne pas aboutir au pillage de la création. Nul ne peut contester, à cet égard, que l’arrivée du haut débit et du très haut débit accroît les risques, ni que le piratage est déjà une réalité, 20% des internautes, d’après nos études, indiquant s’y être livrés au moins une fois. Il faut donc agir, concrètement, avant qu’il ne soit trop tard et que les habitudes ne soient prises, en ayant en tête le contre-exemple de la musique.

Avec l’ensemble des pouvoirs publics, le CNC vous aide et vous y aidera. Après 2004, qui a été une année de prise de conscience, souhaitons que 2005 permette à la lutte contre la piraterie de se développer. Nous en connaissons les grands axes. Ils sont indissociables. C’est l’alerte, l’information, l’éducation, mais aussi les sanctions si nécessaire, pour assurer le respect de la légalité – et je vous rappelle que le CNC doublera cette année sa contribution à l’ALPA – et enfin la réponse économique avec la mise en place d’offres licites de vidéo à la demande.

Dans ce domaine beaucoup a déjà été fait depuis le mois de novembre, et je veux rendre hommage à tous ceux qui ont fait des propositions concrètes. Mais il est impératif d’agir vite, je le répète, comme le Ministre l’a lui-même redit hier.

En 2005, il faudra aussi poursuivre nos efforts pour contribuer à régler le problème de l’intermittence et à assurer un meilleur respect du droit du travail. Le CNC s’est engagé, avec vous, dans cette démarche. Il met au point, en liaison avec vous, un plan ambitieux en faveur du court-métrage, que le Ministre de la culture et de la communication devrait pouvoir annoncer à l’occasion du Festival de Clermont-Ferrand, et dont l’un des objectifs est de permettre le meilleur respect des obligations sociales. Notre soutien au court métrage sera appuyé en 2005, à la fois parce que ce secteur en a besoin et parce qu’il le mérite : la vitalité du court métrage se manifeste dans la fiction et le documentaire tout comme dans l’animation, sa diversité est une richesse, et il permet souvent aussi à de jeunes talents de faire leurs preuves. Nous serons donc à leurs côtés.

Parmi les temps forts de l’année 2005, je veux aussi mentionner l’ouverture de la Cinémathèque française au 51, rue de Bercy, cet automne. Le CNC accompagne fortement cette installation et se réjouit de l’achèvement proche de ce grand projet, grâce à l’engagement de tous, et notamment de son président. C’est une chance pour cette institution, qui va entrer dans une nouvelle phase de son histoire. Nous ouvrirons en même temps une antenne des Archives françaises du film à la BNF.

Enfin une autre tâche nous attend dès la semaine prochaine : la poursuite du travail sur l’ouverture du compte de soutien à certains investissements non-européens, sous conditions et de façon encadrée. Une affaire récente a en effet conduit nombre d’observateurs, et nos responsables politiques, à s’interroger sur les ambiguïtés et les incohérences de la réglementation actuelle. Quelles qu’aient été les divisions de la profession sur ce sujet, je suis convaincue que des solutions simples existent, pour peu que nous nous attachions à ne pas exagérer les périls de l’ouverture, ni à en sous-estimer les risques. Travaillons dans cet esprit.

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Que souhaiter d’autre pour 2005 ? Comme je le mentionnais, je voudrais rappeler deux exigences de notre action : la modernisation et l’anticipation. Ce ne sont pas deux exigences nouvelles, elles sont au contraire permanentes dans le monde ouvert dans lequel nous vivons.

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La modernisation du Centre sera l’une de mes priorités : la mise en place de la LOLF, la refonte de nos outils informatiques, la nécessité de procéder à des simplifications de nos procédures nous offrent des opportunités.

Mais qu’est-ce que la LOLF ? Il va falloir nous habituer à cet acronyme : c’est la loi organique portant loi de finances. Elle réorganise totalement la gestion des finances des administrations. Les budgets seront établis en fonction d’objectifs précis et avec l’aide d’indicateurs chiffrés permettant au Parlement de vérifier, en fin d’exercice, si ces objectifs sont atteints. Des contrats d’objectifs seront établis entre les ministères et les organismes qui en dépendent. Nous devrons procéder de même avec les associations avec lesquelles nous travaillons.

Le CNC s’est préparé à ce changement. Il a élaboré un projet qui décrit les objectifs de son action et propose une série d’indicateurs. Ce projet a été transmis fin 2004 au Parlement. Il a fait l’objet d’une présentation aux représentants de la profession réunis au sein de la dernière " Commission Chavannes " et je comprends que, si la LOLF est pour tous une obligation, elle répond aussi à vos demandes de bilan et d’évaluation. Elle nous offre l’occasion – qui était jusqu’ici rare en définitive – de mesurer l’efficacité de nos instruments, ce qui est une bonne chose même s’il faut être conscient que cela bouleversera beaucoup d’habitudes.

J’ajoute que le CNC a également lancé une démarche visant à moderniser ses procédures budgétaires et comptables, à la suite du rapport de la Cour des Comptes sur sa gestion et après avoir procédé à un audit avec l’aide d’un cabinet de conseil. Ses recommandations seront mises en œuvre l’an prochain et dès cette année sera mis en place un contrôle de gestion pour mieux évaluer le coût des différents dispositifs d’aide.

La modernisation du Centre sera aussi celle de ses applications informatiques. Vous devriez en voir certains effets dès cette année, avec par exemple la consultation sur Internet du RPCA, mais d’autres produiront leurs effets plus tard car c’est un chantier de trois ans. Ces réformes permettront d’améliorer le service rendu, de consulter ou de remplir beaucoup de dossiers en ligne et de calculer plus rapidement le montant de certaines aides. Je sais que vous n’y êtes pas insensibles. Elles permettront aussi aux agents du Centre de gagner beaucoup de temps en se dégageant de tâches souvent répétitives.

Dès cette année, je souhaite que nous puissions généraliser Webcinédi le plus rapidement possible, car il est anormal qu’en 2004 on en soit encore à saisir des bordereaux-papier… Je proposerai rapidement aux responsables concernés une réunion de travail sur ce sujet, qui les préoccupe comme il nous préoccupe. Ce peut être un exemple, de plus, assez emblématique de notre capacité à faire bouger les choses ensemble si nous le voulons.

Troisième volet de notre modernisation : la simplification. Chacun s’accordera à juger que notre système d’aides et nos procédures sont particulièrement complexes et que cette complexité finit par nuire à l’efficacité. Vous reprochez parfois au Centre de réagir trop lentement. Certains textes n’ont pas été révisés depuis longtemps. Plusieurs modalités sont prévues pour le remboursement des avances.

J’ai donc demandé à chaque directeur de réfléchir au bon équilibre entre efficacité générale et adaptation aux cas particuliers, et de faire des propositions pour supprimer des archaïsmes, raccourcir les circuits, réduire les tâches fastidieuses. Je sais pertinemment que tout ne se fera pas en un jour, loin de là, mais nous avons engagé ce travail. Je ferai prochainement de premières propositions au Ministre pour simplifier nos procédures, réfléchir à l’évolution de certaines commissions, supprimer certaines autorisations administratives devenues obsolètes.

Je vous informe enfin que notre site Internet est en cours de rénovation. Je souhaite qu’il puisse, dans quelques mois, vous donner davantage d’informations sur la réglementation des aides, mais aussi sur le droit social ou sur la fiscalité. Il offrira aussi un espace vidéo et - si vous le souhaitez - nous vous proposons d’y passer les bandes-annonces des prochains films, ou tout autre sujet, de même que nous pourrons les passer sur l’écran HD qui vient d’être installé rue de Lübeck.

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Je terminerai par l’autre exigence qui me semble fondamentale pour un organisme tel que le CNC : donner le mouvement. Il est dans la vocation du Centre, dans sa mission, de regarder l’avenir, d’anticiper. Il se doit même de donner l’exemple.

Je souhaiterais donc que nous prenions toute la mesure de l’impact des nouvelles technologies sur nos métiers. Rarement progrès technique aura eu de telles conséquences en chaîne. La révolution numérique aura des conséquences sur le cinéma autant que sur l’audiovisuel, sur l’économie de ces secteurs, sur les habitudes de consommation, et même – comme la révolution Gütenberg – sur nos mentalités et notre identité.

Le Centre souhaite travailler avec vous pour préparer l’avenir. J’ai déjà cité la VOD, le piratage ; je dois citer aussi les implications du lancement de la TNT, l’arrivée des contenus sur le téléphone mobile, la question de la tarification de produits et de la rémunération des ayants-droit dans l’univers de la réplication numérique, ou l’évolution des instruments du marché publicitaire face au défi des enregistreurs numériques. Tous ces sujets sont cruciaux.

Enfin, le CNC développera ses capacités d’anticipation en développant ses actions prospectives.

Il a déjà fait un effort considérable : en cinq ans, le nombre d’études réalisées par le CNC a été multiplié par trois. A ma demande, le service des études va accroître la dimension prospective de ses travaux et raccourcir les délais de parution des documents. Nous nous appuierons davantage sur les publications Internet. Nous pourrons aussi donner des résultats intermédiaires, trimestriels peut-être ; c’est possible sur le public du cinéma, la production audiovisuelle et cinématographique, ou la vidéo. Nous ferons appel, enfin, si nécessaire, à des experts extérieurs pour organiser des réunions de réflexions et de débats car le Centre doit être aussi un lieu de réflexions et de débats.

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Nous avons donc beaucoup à faire en 2005. Nous vous aiderons et nous aurons besoin de votre aide. Je forme le vœu que cette année nous permette d’avancer ensemble dans ces directions.

Et après ce vœu professionnel, j’adresse à chacune et chacun d’entre vous mes vœux personnels les plus chaleureux de bonheur, de santé et d’accomplissement.

Je remercie enfin le directeur de l’école nationale supérieure des Beaux-Arts, en nous accueillant dans ce lieu magique, de nous rappeler à tous que le cinéma – un art qui est aussi une industrie – se doit d’être une industrie qui est aussi un art et, si nous le pouvons, l’un des Beaux-Arts.

Je vous souhaite une très bonne année 2005.