La géographie du cinéma

Villes, agglomérations, départements et régions

5 289 écrans sont actifs en 2003, soit 25 écrans de plus qu'en 2002. Ce solde résulte de la fermeture, provisoire ou définitive, de 135 salles et de l'ouverture ou réouverture de 160 salles. Malgré un net ralentissement du rythme des ouvertures depuis 2002 (13 par mois en moyenne, contre 21 en 2001), le nombre de salles ouvertes dans l'année demeure élevé, grâce à la poursuite de l'expansion du parc de multiplexes. Ainsi, 111 des 160 écrans ouverts en 2003 concernent des multiplexes. Leur implantation est également à l'origine d'une part significative des fermetures de salles. En effet, dans certaines communes, les exploitants à l'initiative de multiplexes procèdent à des transferts d'activité et ferment des établissements existants lors de l'ouverture de nouvelles salles.

Le nombre d'établissements actifs est en baisse (23 cinémas de moins qu'en 2002). 62 cinémas ont, en effet, provisoirement ou définitivement fermé alors que 39 ont ouvert ou réouvert. La contradiction apparente entre la croissance du nombre décrans et la baisse du nombre d'établissements est liée au fait que les fermetures touchent majoritairement des établissements de petite taille, tandis que les ouvertures concernent surtout des multiplexes. 11 des 39 établissements ouverts en 2003 sont des multiplexes. A trois exceptions près (un cinéma de 2 écrans et deux de 4 écrans), les autres cinémas ouverts durant l'année ne comptent qu'un écran.


Communes et agglomérations

1 647 communes équipées en France

En 2003, 1 647 communes sont équipées d'au moins une salle de cinéma en activité (salle ayant transmis au moins un bordereau de recettes au CNC au titre de l'année 2003), soit 6 communes de moins de 50 000 habitants de plus qu'en 2002. Les communes équipées regroupent près de la moitié de la population française d'après les données du dernier recensement. Les grandes villes sont les plus fréquemment équipées : la quasi-totalité des communes de plus de 50 000 habitants est dans ce cas, ainsi que plus de 82 % des communes de 20 000 à 50 000 habitants.

Les établissements sont surtout implantés dans les communes urbaines. Près de la moitié des unités urbaines, qui regroupent 65 % de la population, sont équipées. Toutes les agglomérations de plus de 50 000 habitants ont au moins une salle, à l'exception d'Armentières (59) dont l'unique cinéma a fermé en 1997. Les centres des grandes villes comptent généralement davantage de salles que leurs banlieues, bien que l'implantation de multiplexes à la périphérie des plus grandes communes françaises compense progressivement ce déséquilibre. Seules 4 agglomérations comptant entre 20 000 et 50 000 habitants ne sont pas équipées. Il s'agit des unités urbaines de Barentin (76), Esbly (77),Champagne-sur-Seine (77) et l'Isle-sur-la-Sorgue (84), qui comptent en réalité moins de 27 000 habitants chacune. 32,3 % des agglomérations de moins de 10 000 habitants sont également équipées en salles de cinéma. Ainsi, contrairement à d'autres pays européens, les salles ne sont pas absentes des petites agglomérations françaises.

Communes équipées de salles de cinéma
Unités urbaines équipées de salles de cinéma

Les unités urbaines de plus de 100 000 habitants recueillent près des trois quarts des entrées

En 2003, 72,7 % des entrées et 74,5 % des recettes sont réalisées dans les agglomérations de plus de 100 000 habitants, qui regroupent 45,2 % des Français. Le découpage du territoire en zones rurales et unités urbaines est plus pertinent que l'analyse par commune en raison de la mobilité des spectateurs et surtout de la récente implantation de multiplexes au centre ou à la périphérie des grandes villes. L'indice de fréquentation est le rapport entre le nombre d'entrées et la population d'une zone géographique donnée. En 2003, il s'élève à 2,98 pour l'ensemble du territoire national. L'indice de fréquentation augmente avec la taille de la commune comme avec celle de l'unité urbaine.

L'occupation des fauteuils s'accroît très rapidement avec la taille de l'unité urbaine, de 72 entrées par fauteuil dans les agglomérations demoins de 10 000 habitants à 268 à Paris. La fréquentation plus élevée des salles dans les plus grandes agglomérations n'explique pas tout. Le taux d'occupation des fauteuils y est souvent plus fort que dans une petite commune, même si les indices de fréquentation sont comparables. Dans les grandes villes, en effet, la programmation s'étale sur l'ensemble de la semaine et les salles proposent plusieurs séances par jour. En revanche, dans les petites villes, les salles peuvent avoir une programmation plus réduite.

Equipement cinématographique harmonieux

Au sein des unités urbaines, l'équipement proposé aux spectateurs potentiels est comparable, quelle que soit la taille de l'agglomération : en moyenne, un fauteuil est disponible pour 34 à 50 habitants. De même, la taille des salles n'est pas dépendante du nombre d'habitants des communes ou des unités urbaines. Quelle que soit la zone d'implantation, les salles proposent, en moyenne, entre 184 et 221 fauteuils.

Dispersion des recettes moyennes par entrée

Le prix moyen du billet de cinéma est calculé à partir des déclarations
de recettes transmises chaque semaine par les exploitants. Il correspond à la valorisation tarifaire moyenne pour une entrée mais ne tient pas compte de la recette réelle (des abonnements) pour les entrées effectuées par les porteurs de cartes d'abonnement à entrées illimitées. En 2003, le prix moyen du billet s'élève à 5,74 euros en France. Il est, en moyenne, plus élevé dans les agglomérations les plus peuplées. Le billet coûte 6,15 euros en moyenne dans l'agglomération parisienne et 5,06 euros dans les unités urbaines de moins de 10 000 habitants.Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces écarts. Les exploitants présents dans les grandes agglomérations y ont réalisé d'importants investissements de rénovation et d'implantation, notamment de multiplexes. Leur politique tarifaire est ainsi différente de celle qui est appliquée dans les unités urbaines plus petites où les investissements et les charges d'exploitation sont moins forts.

Fréquentation et équipement en 2003 par taille de commune
Fréquentation et équipement en 2003 pour les zones rurales et les unités urbaines

Evolution contrastée de la fréquentation

En 2003, la fréquentation a diminué de 5,4 % en France par rapport à 2002. Cette baisse affecte notamment les zones rurales dont les entrées chutent de 15,2 %. Elle touche également les unités urbaines de 10 000 à 20 000 habitants qui perdent plus de 10 % de leurs entrées. En revanche, les agglomérations de moins de10 000 habitants (-1,8 %), celles qui comptent entre 50 000 et 100 000 habitants (-3,1 %) et l'agglomération parisienne (-3,8 %) sont moins affectées par la diminution nationale desentrées.

Sur quatre ans, la fréquentation est toutefois en progression dans toutes les catégories d'unités urbaines et atteint +1,7 % par an en moyenne sur l'ensemble du territoire. La modernisation du parc de salles dans les zones les moins peuplées se révèle par la progression particulièrement marquée du nombre d'entrées dans les zones rurales (+3,8 % par an en moyenne) et les unités urbaines de moins de 10 000 habitants (+4,1 %).

Evolution de la fréquentation selon la taille des communes
Evolution de la fréquentation pour les zones rurales et les unités urbaines
Les unités urbaines de plus de 50 000 habitants

Equipement et résultats d'exploitation en 2003 des communes de plus de 50 000 habitants

Délimitation des unités urbaines

En résumé, une unité urbaine (ou plus communément une agglomération) est un ensemble d'une ou plusieurs communes dont la plus grande partie de la population réside dans une zone bâtie d'au moins 2 000 habitants.Les unités urbaines sont délimitées par l'INSEE en plusieurs étapes, sur la base du recensement de population.
Sont identifiées tout d'abord les zones bâties atteignant plus de 2 000
habitants. Une zone bâtie est une zone constituée par des constructions avoisinantes (à l'exclusion des bâtiments ou terrains servant à des buts publics, industriels ou commerciaux) formant un ensemble tel qu'aucune ne soit séparée de la plus proche de plus de 200 mètres. Dans chaque zone bâtie s'étendant sur deux communes ou davantage, là ou les communes dont la population résidant dans la zone bâtie en question représente moins de la moitié de la population totale de la commune sont éliminées. Ne sont retenues ensuite que les zones bâties s'étendant sur deux communes au moins, et dont la population atteint au minimum 2 000 habitants. Les communes touchées constituent alors une agglomération multicommunale. Toute commune appartenant à une agglomération multicommunale est réputée urbaine au sens de l'INSEE. Les communes n'appartenant pas à une agglomération multicommunale sont classées comme urbaines dès lors que le nombre d'habitants de la plus grande zone bâtie de la commune atteint au moins 2 000 habitants. Ces communes urbaines sont appelées villes isolées. Finalement, sont appelées unités urbaines aussi bien les agglomérations multicommunales que les villes isolées. Les communes n'appartenant pas aux unités urbaines ainsi définies sont appelées communes rurales.

Equipement et résultats d'exploitation en 2003 des unités urbaines de plus de 50 000 habitants

Paris, capitale du cinéma

Paris dispose d'un patrimoine de salles de cinéma unique au monde. En 2003, 380 écrans regroupés dans 90 établissements sont en activité. Les salles parisiennes réalisent près de 30 millions d'entrées, soit 17 % de la fréquentation nationale et 1,9 % de moins qu'en 2002. Cette diminution est sensiblement moins marquée que sur l'ensemble du territoire national (-5,4 %). La capitale compte 12 écrans de plus et un établissement de moins qu'en 2002, résultat de la fermeture du Gaumont Kinopanorama et de UGC Champs Elysées (2 écrans uniques) et de l'ouverture du multiplexe MK2 Bibliothèque (14 écrans).
Si les Champs-Elysées et le VIème arrondissement restent des lieux privilégiés de sorties cinématographiques, les quartiers des Halles et de Montparnasse sont également très attractifs. Le XIIème arrondissement, qui abrite l'un des multiplexes les plus récemment ouverts, capte 12,7 % des entrées en 2003 comme en 2002. Le multiplexe de Bercyassure la présence d'un nouveau pôle cinématographique à l'est de la capitale, renforcé par l'évolution favorable de la fréquentation dans le XIIIème arrondissement (+41,1 %) imputable au nouveau multiplexe MK2.

Malgré un contexte de diminution globale, quatre arrondissements réalisent
davantage d'entrées qu'en 2002, notamment le Xème et le XVIIIème arrondissements qui comptent pourtant peu de salles.Tous les arrondissements de Paris sont équipés. Au total, plus de 70 % des écrans sont concentrés dans sept arrondissements qui rassemblent 71,6 % des entrées de la capitale. En 2003, sept établissements dont six multiplexes comptent plus de 10 écrans à Paris : UGC Ciné Cité les Halles (19 écrans), UGC Ciné CitéBercy (18 écrans), Gaumont Aquaboulevard (14 écrans), MK2 Bibliothèque (14 écrans), Gaumont Parnasse (12 écrans), Pathé Wepler (12 écrans) et UGC Georges V (11 écrans).

En 2004, selon le nouveau mode d'attribution des aides (cf. la
réforme de l'Art et Essai), plus de 41 % des établissements parisiens sont classés Art et Essai. Plus de la moitié d'entre eux sont situés dans le Vème et le VIème arrondissements. En revanche, il n'existe aucun établissement Art et Essai dans sept des vingt arrondissements parisiens.

Paris par arrondissement en 2003

Départements et régions

Le tiers des écrans dans 13 départements

En 2003 comme les années précédentes, 13 départements rassemblent le tiers des écrans et 23 en rassemblent la moitié. Les départements les mieux équipés en salles de cinéma ne sont pas seulement ceux dans lesquels sont localisés les principaux pôles d'activité et de population du territoire (Paris et ses départements limitrophes, les Bouches-du-Rhône, le Nord, la Gironde, le Rhône...). Parmi eux se trouvent également des départements des massifs alpins (Savoie et Haute-Savoie) et du littoral atlantique et méditerranéen, dont l'équipement cinématographique est dimensionné de manière à accueillir la clientèle touristique en saison.

C'est en partie à cause de cette "surcapacité" que le nombre de fauteuils par habitant est souvent plus élevé dans les départements de la moitié sud de la France que dans ceux du nord. En 2003, il existe en France un fauteuil pour 54 habitants. Pour 60 départements, ce taux est comprisentre 1 pour 40 et 1 pour 70. Les départements qui présentent les taux les plus forts se distinguent par leur forte attractivité touristique.


La moitié des entrées dans quatorze départements

Bien que la France soit l'un des pays qui dispose du réseau de salles le plus dense, la fréquentation cinématographique est très inégalement répartie sur le territoire. 14 départements totalisent plus de la moitié des entrées. Paris arrive largement en tête avec 29,2 millions d'entrées. Le Nord, le Rhône et les Bouches-du-Rhône dépassent les 6 millions d'entrées. Dans 12 autres départements très urbanisés, le nombre d'entrées est supérieur à 3 millions en 2003. A l'autre extrême, le nombre d'entrées est très faible dans des départements ruraux : 106 000 en Lozère, 140 000 dans la Creuse, 158 000 en Corse du Sud et 168 000 en Ariège. La diminution des entrées constatée en 2003 (-5,4 %) touche très inégalement les départements. En particulier, l'ouverture de nouvelles salles a une incidence marquée sur l'évolution des entrées. Ainsi, les départements qui présentent les évolutions de fréquentation les plus favorables en 2003 ont connu de récentes implantations de multiplexes.


Le nombre d'entrées que réalisent les salles d'un département dépend très étroitement du nombre d'habitants. L'indice de fréquentation, quirésulte du rapport entre le nombre d'entrées et le nombre total d'habitants dune zone donnée, permet de mesurer l'activité cinématographique en faisant abstraction de sa population.

Il est très élevé à Paris qui draine un grand nombre de spectateurs
venant des départements limitrophes. Il est fort également dans le sudest et dans les départements où existent des villes universitaires importantes.Les enquêtes sur le public montrent, en effet, que la sortie au cinéma est particulièrement prisée par les personnes qui ont un niveau d'instruction supérieur.

L'indice de fréquentation élevé dans les départements alpins et certains
départements du littoral ne signifie pas que les habitants y sont particulièrement cinéphiles. Ce sont les entrées réalisées par les vacanciers dans les salles de ces départements qui majorent leurs indices.


Diversité des prix moyens départementaux

Autour d'une recette moyenne par entrée de 5,74   en France, lesdépartements présentent de larges disparités de prix moyens. C'est à Paris, dans les Alpes-Maritimes et dans la Marne que le cinéma est, en moyenne, le plus cher en 2003. A l'autre extrême, certains départements à faible indice de fréquentation se trouvent notamment parmi ceux qui offrent les tarifs moyens les plus bas.


Equipement et résultats d'exploitation en 2003 par département

61 départements au sein des 21 régions métropolitaines sont équipés de multiplexes

Fin 2003, 61 départements sont équipés d'au moins un multiplexe, contre 58 en 2002, 56 en 2001 et 47 en 2000. Pour 21 de ces départements, notamment les plus récemment équipés, la fréquentation évolue plus favorablement que la fréquentation nationale.
Toutes les régions françaises exceptée la Corse sont ainsi dotées d'au
moins un multiplexe à la fin de l'année 2003. C'est surtout dans les régions les plus peuplées que ces établissements ont été implantés jusqu'à présent : Ile-de-France, Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes, Aquitaine et Pays de la Loire rassemblent, à la fin de l'année 2003, 53 % des écrans et des fauteuils construits jusqu'à cette date au sein de multiplexes.

Régions : déconcentration progressive du parc

L'augmentation du nombre de multiplexes sur le territoire favorise une dispersion plus homogène des salles en France. L'Ile-de-France demeure cependant la région la mieux dotée avec 18,3 % des écrans actifs en France et 199 communes équipées. A elles trois, l'Ile-de-France, la région Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d'Azur regroupent plus de 39 % des écrans français. Ce sont bien entendu les trois régions les plus peuplées. L'indice de fréquentation y est cependant plus fort que dans les autres régions.
La Corse et l'Ile-de-France pratiquent les prix des places les plus élevés (6,15   en moyenne). C'est en Basse-Normandie (5,01  ) et en Poitou-Charentes (5,10  ) que le cinéma est en moyenne le moins cher.

Equipement et résultats d'exploitation en 2003 par région

La réforme du classement Art et Essai

Le classement Art et Essai des lieux de projection cinématographique sa fait l'objet d'une réforme qui s'applique pour la troisième année. Le nouveau classement est intervenu en juillet 2004. Compte tenu de possibles recours pour les salles non retenues, les données présentées dans cet article ne sont que des estimations du nombre d'établissements classés Art et Essai.

Le classement Art et Essai d'un lieu de projection cinématographique repose désormais :
- sur un indice automatique indiquant la proportion de séances réalisées
avec des films recommandés Art et Essai par rapport au total des séances offertes ;
- sur une pondération de cet indice automatique par deux coefficients. D'une part, un coefficient majorateur qui apprécie le nombre de films proposés, la politique d'animation, l'environnement sociologique et l'environnement cinématographique, d'autre part un coefficient minorateur qui prend en compte l'état de l'établissement, la diversité des films Art et Essai proposés, l'insuffisance de fonctionnement (nombre de semaines et de séances hors période de travaux).

Le classement se fait désormais par établissement et la référence géographique
est l'unité urbaine dans laquelle est situé l'établissement.Le classement est effectué par le Directeur général du CNC, après avis de la commission du cinéma d'Art et Essai, qui examine les dossiers de demande de classement des établissements pour l'année n au début de cette même année. Le montant des subventions est fixé en fonction de l'indice résultant des calculs exposés ci-dessus.

Près de 28 % du parc Art et Essai sont concentrés sur deux régions

998 établissements de cinéma bénéficient, à ce jour, du classement Art et Essai portant sur leur activité 2002-2003. Près de 40 % des établissements classés sont situés dans des unités urbaines de plus de 50 000 habitants, notamment dans les agglomérations universitaires importantes. Les régions les plus urbanisées sont les mieux dotées en établissements Art et Essai : l'Ile-de-France et la région Rhône-Alpes en rassemblent près de 28 %.

Le Nord-Pas-de-Calais fait exception puisque, pour une population de près de 4 millions d'habitants, la région compte seulement 29 établissements classés. En revanche, la Bretagne recense 82 établissements Art et Essai malgré un équipement en salles majoritairement rural.