Le Corbusier de Jacques Barsac
 

Peine perdue de Jean Eustache (La)

(cinéma)

1997 , 54' , noir et blanc , documentaire

Réalisation : Angel Diez. Production : les films du Poisson, La Sept-Arte. Participation : CNC, Procirep, CR Languedoc-Roussillon.

Dès les premières images, ce film consacré à Jean Eustache (1938-1981), auteur du "Père Noël a les yeux bleus" (1966) et de "Numéro zéro" (1971), affiche ses partis pris de mise en scène : pellicule, noir et blanc, silences, corps fragmentés de Jean-Pierre Léaud et de Françoise Lebrun lisant les écrits du cinéaste... Angel Diez marche dans les pas du maître pour lui rend un hommage émouvant.

Eustache entend s’inscrire non seulement en marge du cinéma qui lui est contemporain, mais encore du temps présent. Un extrait de "La Maman et la Putain" (1972) insiste sur le tempérament nostalgique du cinéaste : Léaud y psalmodie une chanson déplorant la fuite du temps. C’est d’une semblable nostalgie que participe ce film où Angel Diez porte un regard endeuillé sur les lieux, les témoins et les extraits de films choisis. Emblématique en cela le lent travelling qui balaie une église déserte. De même, on retrouve Philippe Théaudière et Jean-Pierre Ruh aux postes d’opérateur et d’ingénieur du son, postes qu’ils occupaient sur les films d’Eustache. Alors, héritage ou démarche mimétique pour ce jeune réalisateur qui signe ici son premier film ? Le fantôme du cinéaste suicidé hante savamment cette "Peine perdue" (titre d'un scénario abandonné) : on pense le reconnaître dans la silhouette de Léaud, on le voit furtivement sur l’image d’un de ses films, passé et repassé au ralenti. 


Teddy Lussi


Droit de prêt (réservé aux bibliothèques publiques) : Oui

 

 

 

 

 

 

 

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